Vous le savez sans doute, l’EPHE se retrouve face à un gros problème de locaux. Une situation difficile qui résulte de la conjugaison de plusieurs phénomènes : mise en route de chantiers (notamment à la Sorbonne avec les travaux de mise en sécurité de la bibliothèque), perte programmée de locaux parisiens dont l’école n’est pas propriétaire, et enfin mouvement global de restructuration de l’enseignement supérieur. Ces phénomènes auront une traduction immédiate pour nous, à commencer par l’obligation de quitter les locaux de la Sorbonne dès septembre 2008, et ce pour toute la durée des travaux (trois ou quatre ans au moins).

La solution provisoire imposée par le Ministère consiste à reloger à Aubervilliers, dans un nouvel immeuble encore en construction (rue Waldeck-Rochet), les implantations de l’école en Sorbonne et rue Daviel (les autres n’étant pas concernées), ensemble avec celles de l’EHESS et de la MSH du 54 bd Raspail. Les surfaces mises à disposition de l’EPHE représenteraient un peu plus que les surfaces perdues, soit environ 3000 m² (le chiffre n’est pas encore fixé).

À terme, ce provisoire pourrait déboucher sur la création d’un vaste site, une « Cité des Humanités et des Sciences sociales » regroupant les trois institutions sur un campus qui verrait le jour à Aubervilliers à l’horizon 2012, sans qu’il soit pour l’instant question de fusion institutionnelle. L’EPHE comme l’EHESS revendiquent par ailleurs le droit, dans cette hypothèse, de conserver après les travaux une implantation dans le centre parisien.

Un déménagement provisoire étant désormais inévitable, l’école ne peut que chercher à aménager au mieux ce qui lui est offert et tenter d’amortir des bouleversements certains. C’est pourquoi une commission a été élue en octobre et chargée de préparer l’implantation des enseignements à Paris et Aubervilliers à partir de la rentrée 2008, composée de 6 enseignants-chercheurs et de 2 représentants des étudiants et auditeurs (Pierre Lachaud et moi-même), plus l’assesseur aux moyens.

Les principes arrêtés par le CA du 2 octobre 2007 puis par la commission sont les suivants. Il s’agit de créer à Aubervilliers un pôle restreint mais cohérent comprenant des salles de cours, le regroupement de toutes les ressources documentaires (collections des Sciences historiques et religieuses et des Sciences religieuses, y compris celles de la rue de Lille) en une bibliothèque unique avec augmentation du nombre de places de travail par rapport à l’actuel, des centres de recherche, et peut-être aussi des bureaux pour des doctorants et post-doctorants (si la demande est acceptée par l’administration). L’immeuble abritera également une cafétéria.

Au niveau des principes qui guideront la répartition des enseignements entre Paris et Aubervilliers, figure en première position la priorité donnée à l’intérêt des étudiants et des auditeurs. La commission a proposé comme hypothèse de travail que les enseignements relevant d’un même domaine soient, autant que possible, regroupés sur un même site, selon un regroupement de type thématique qui tiendrait compte des parcours effectivement effectués par les étudiants (la liste des domaines restant à élaborer). Pour l’affectation des domaines aux différents sites, il sera tenu compte de la spécialisation de certains immeubles (type INHA ou EFEO), du degré de dépendance vis-à-vis des ressources documentaires et du public étudiant du Quartier Latin (ou inversement du site d’Aubervilliers), et de la capacité concrète d’accueil sur les divers sites (sachant que certaines salles parisiennes sont trop exiguës pour accueillir des effectifs nombreux). Reste, il ne faut pas se leurrer, qu’une part importante des enseignements devra migrer sur Aubervilliers.

Pour accroître l’attractivité du nouveau site, l’école pourrait, toujours selon les propositions avancées par la commission, adopter des mesures incitatives telles que des regroupements d’enseignements par quinzaine, voire par mois, lorsque cela s’avèrerait compatible avec les attentes des publics, le regroupement, sur des plages horaires consécutives, d’enseignements présentant entre eux de fortes affinités de thématique et de public, ou l’amélioration des conditions de travail pour les étudiants (par l’augmentation de postes de travail en bibliothèque et la création de bureaux de doctorants).

Ces propositions devront être discutées avant que les principes ne soient adoptés lors du CA du 20 décembre, précédant une seconde étape consistant en la fabrication des plannings. Une question aussi importante doit faire l’objet d’un large débat au sein de l’établissement, et il importe que les étudiants et auditeurs fassent entendre leur voix (de façon positive et constructive…).

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